Philosophie : Hegel, l'Esthétique Explication de texte.

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missnice
Publié le 19 oct. 2011 il y a 2A Fin › 22 oct. 2011 2A
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SUJET DU DEVOIR

Bonsoir,
Etant en Terminale S et au début de l'année, c'est la première fois que nous avons à réaliser une explication de texte de philosophie.
Le texte sur lequel nous avons à travailler est un texte d'Hegel tiré de l'Esthétique, que voici :
“Les choses de la nature n'existent qu'immédiatement et d'une seule façon, tandis que l'homme, parce qu'il est esprit, a une double existence ; il existe d'une part au même titre que les choses de la nature, mais d'autre part il existe aussi pour soi, il se contemple, se représente à lui-même, se pense et n'est esprit que par cette activité qui constitue un être pour soi. Cette conscience de soi, l'homme l'acquiert de deux manières : Primo, théoriquement, parce qu'il doit se pencher sur lui-même pour prendre conscience de tous les mouvements, replis et penchants du coeur humain et d'une façon générale se contempler, se représenter ce que la pensée peut lui assigner comme essence, enfin se reconnaître exclusivement aussi bien dans ce qu'il tire de son propre fond que dans les données qu'il reçoit de l'extérieur. Deuxièmement, l'homme se constitue pour soi par son activité pratique, parce qu'il est poussé à se trouver lui-même, à se reconnaître lui-même dans ce qui lui est donné immédiatement, dans ce qui s'offre à lui extérieurement. Il y parvient en changeant les choses extérieures, qu'il marque du sceau de son intériorité et dans lesquelles il ne retrouve que ses propres déterminations. L'homme agit ainsi, de par sa liberté de sujet, pour ôter au monde extérieur son caractère farouchement étranger et pour ne jouir des choses que parce qu'il y retrouve une forme extérieure de sa propre réalité. Ce besoin de modifier les choses extérieures est déjà inscrit dans les premiers penchants de l'enfant : le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qui se forment dans l'eau, admire en fait une oeuvre où il bénéficie du spectacle de sa propre activité. Ce besoin de modifier les choses est déjà inscrit dans les premiers penchants de l'enfant ; le petit garçon qui jette des pierres dans le torrent et admire les ronds qu'il forme dans l'eau, admire en fait une oeuvre où il bénéficie du spectacle de sa propre activité. (...) Mais les choses extérieures ne sont pas les seules que l'homme traite ainsi ; il en use pareillement avec lui-même, avec son propre corps, qu'il change volontairement, au lieu de le laisser dans l'état où il se trouve. Là est le motif de toutes les parures, de toutes les élégances, fussent-elles barbares, contraires au goût, enlaidissantes, voire dangereuses.”

J'ai bien avancé et j'aimerais savoir si ce que j'ai analysé avait un bon fond :) . Il ne me reste plus que la partie à partir de "Mais les choses (...)" pour compléter mon explication donc c'est presque terminé. Cependant, votre avis m'apporterai un peu d'aide pour les lacunes.

Merci d'avance.

OÙ J'EN SUIS DANS MON DEVOIR

Hegel est un philosophe allemand du XVIIIème siècle, qui a eu une grande influence sur la philosophie contemporaine. Dans ce texte, le thème principal exposé est la conscience de soi, qui est la conscience qu’une personne a d’elle-même à travers son propre regard. Elle n’est donc pas objective. L’auteur tente ici de montrer comment s’acquiert celle-ci, ce qu’elle est, mais aussi en quoi l’homme a une « double existence ». En effet, l’homme, contrairement à la nature, peut prendre conscience de lui-même ce qui lui permet alors d’affirmer sa personnalité et de marquer le monde de son existence pour se l’approprier. Il soutient notamment le fait que l’homme prend pleinement conscience de lui dans un environnement qu’il a modifié à son image. Le premier paragraphe expose cette idée, il introduit le texte et présente la thèse définie précédemment. Ensuite, la seconde partie expose l’une des façons que l’homme peut se représenter à lui-même, grâce à une introspection. Dans la troisième, une deuxième manière de se découvrir est développée, cette fois, par rapport à ce qu’il peut percevoir. Les deux parties suivantes permettent l’illustration de la précédente à l’aide de deux exemples qui appuient le fait que l’homme cherche à se reconnaître tout au long de sa vie dans son environnement. La dernière phrase enfin, constitue la conclusion de la troisième partie.

Tout d’abord dans le premier paragraphe, Hegel l’introduit par un contraste entre l’existence des choses de la nature et celle de l’homme. En effet, l’auteur affirme clairement que les « choses de la nature n’existent qu’immédiatement et d’une seule façon », ce qui signifie que leur conscience ne peut pas évoluer, qu’elles sont réduites à exister pour celle d’autrui. « Tandis que » introduit l’opposition qu’il fait ensuite avec l’homme. En précisant « parce qu’il est esprit » le philosophe suppose que seul l’homme a un esprit et que c’est grâce à lui qu’il peut opérer une prise de conscience de lui-même. Donc, selon lui, les choses de la nature n’ont pas d’esprit. Par conséquent, elles ne peuvent pas avoir de conscience ni exister pour elles-mêmes. En somme, l’auteur définit la prise de conscience de soi comme un acte possible uniquement par le propre esprit de l’individu. C’est seulement grâce à son esprit qu’il peut s’observer, s’analyser et ainsi émettre un jugement sur sa personne. La prise de conscience de lui-même peut alors évoluer au fil du temps, selon son âge, ses émotions ou son apparence physique qui changent au fur et à mesure.

Reste à savoir de quelle façon il est possible de prendre conscience de soi-même. C’est ce qu’Hegel expose dans la deuxième partie de ce texte tiré de l’Esthétique.

Il introduit les deux passages suivants par ce qu’il compte y montrer : « la conscience de soi, l’homme l’acquiert de deux manières ». Effectivement, il montre dans un premier temps que l’homme peut prendre possession d’une partie de la conscience de lui-même « théoriquement ». C'est-à-dire qu’il doit utiliser son esprit pour analyser les changements qui peuvent s’opérer au sein de son être, des émotions qui peuvent se succéder tour à tour, pour comprendre le fonctionnement de la conscience de soi-même. « Se contempler » l’amène aussi à se remémorer certains souvenirs qui hantent son esprit. La nature d’un moment passé peut lui permettre de comparer celui qu’il a été et celui qu’il est à présent, pour pouvoir comprendre l’évolution qui a pu se produire au sein de son être. Il peut dès lors analyser la personne qu’il est devenu et définir le pourquoi des changements qui se sont établit en lui. Outre ses émotions et souvenirs, la conscience de lui-même peut s’établir par la découverte de ses goûts et désirs. Ces deux derniers permettent de définir une partie de son être. Et malgré qu’ils soient influencés par ce qui entoure l’homme, ils font partie de ce qu’il est. Grâce à cette analyse de lui-même, il peut reconnaître ce qu’il est au sein du monde. Mais aussi se représenter le monde extérieur et ce qu’il en perçoit. C’est donc en déchiffrant nos propres sentiments et sensations, en réalisant une introspection de nous-mêmes, que s’établit la conscience de soi.
L’auteur développe néanmoins de façon plus précise la seconde manière de prendre conscience de soi. D’après lui, « l’homme se constitue pour soi dans son activité pratique ». C’est une force intérieure et indéfinie qui l’incite à se retrouver dans l’univers où il progresse. L’homme, en évoluant dans le monde, cherche à s’y reconnaître pour s’approprier ce qui l’entoure. Seulement, il ne peut se retrouver dans son environnement qu’après avoir analysé théoriquement ce qu’il est. En effet, il ne peut tenter de s’approprier quelque chose s’il ne sait pas en partie qui il est ou ce qu’il désire au fond de lui. C’est uniquement en prenant ainsi conscience de lui qu’il peut alors se constituer pour lui-même en modifiant son environnement pour s’y identifier. Changer les choses extérieures lui permet d’affirmer sa personnalité et ses goûts. Un homme pourra par exemple, modifier son habitat pour y insérer une partie de lui-même grâce à certaines couleurs qui expriment ses préférences. Il cherche donc à se trouver dans ce qui l’entoure en y ajoutant de lui. Il tente de posséder quelque chose qui lui soit propre, qui soit un reflet de sa personnalité, pour « ôter au monde son caractère farouchement étranger » et être ce qu’il est dans un monde qui lui ressemble tel qu’il se représente lui-même. Il ne peut donc pas prendre pleinement conscience de lui-même dans un environnement qui n’est pas un semblant de sa personne intérieure ; il doit le modifier pour vivre totalement ce qu’il est.
L’illustration de ces modifications que l’homme fait subir au monde qui l’entoure pour prendre conscience de lui-même, est présentée dans la partie suivante sous l’exemple de l’enfant admirant une œuvre qu’il a lui-même créée. En effet, en réalisant une modification au sein de son environnement, l’enfant prend conscience de sa capacité à créer. Il découvre une part de créativité qu’il ne connaissait pas jusqu’à présent. C’est lui qui a pu réaliser une chose qu’il admire, sans soupçonner qu’il puisse le faire. Il a pris conscience d’une partie de lui-même par un acte simple et anodin. Donc nous pouvons conclure que le philosophe souhaite montrer à l’aide de cet exemple que dès le plus jeune âge, nous prenons conscience de nous-mêmes, de nos possibilités et de nos talents. Et nous acquerrons tout au long de notre vie différentes parties de notre conscience, conséquence directe d’essais dans un domaine ou d’actes non prémédités.

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