Dissertation sur la politique

Publié le 3 mai 2019 il y a 17 jours par ingrid1322 - Fin › 6 mai 2019 dans 14 jours
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Sujet du devoir

Bonjour, 

J'ai une dissertation à rendre dont le sujet est "la démocratie est-elle synonyme de liberté?". J'avais une "difficulté" en plus car je devais intégré à l'intérieur Marx et Engels, Platon, Tocqueville, Rousseau mais aussi un interview du journal Le Monde.

En espérant bénéficier de votre avis constructif, 

Merci beaucoup d'avance 

Où j'en suis dans mon devoir

J'ai énormément eu du mal à réaliser cette dissertation. Et elle est aussi trèès longue. C'est pourquoi je vous la poste ci-dessous pour que vous me disiez votre avis, s'il manque des choses, si je devrais en supprimer, etc. (il manque juste ma conclusion)

 

Abraham Lincoln en 1863 disait, « c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». En effet, c’est unedes définitions qui fut le plus attribuée au mot « démocratie » au cours de ces derniers siècles. Mais plus concrètement, la démocratie désigne un régime politique dans lequel le peuple, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens détient la souveraineté,selon laquelle l’autorité politique a son fondement dans le libre pouvoir qu’a chaque homme de se gouverner lui-même. La loi y est la même pour tous et seule la démocratie instaure et garantit les libertés individuelles. C’est pourquoi parfois le mot « démocratie » peut être étroitement relié à la « liberté ». Cependant, il serait alors nécessaire de se rappeler ce que le mot « liberté » désigne. En d’autres termes, quelle est sa définition ? Étymologiquement, le terme signifie « l’homme qui n’est ni esclave, ni prisonnier ». Cependant, la liberté a souvent tendance à être caractériséecomme le pouvoir de « faire ce que l’on veut ». Si l’on estime qu’être libre consiste en cela, il est évident de se demander alors si cette définition n’est pas plutôtcontraire à celle de la démocratie ? Les lois instaurées par l‘État à travers la Constitution, ne sont-elles pas en opposition à l’accomplissement de nos désirs ? L’État ne freine-t-il pas au contraire nos actions à travers ces règlements ? Le fait que la démocratie garantisse l’égalité des conditions aux citoyens, ne mettrait-il pas leur liberté en jeu ? Or, y a-t-ilqu’une définition unique de la liberté ? Ne devons-nous pas plutôt aller au-delà de cette définition primitive ? Ce qui nous permettrait de se demander si à l’inverse les deux termes ne peuvent-ils pas coïncider jusqu’à devenir synonyme. L’État serait-il vraiment alors un obstacle à notre liberté ? Ne serait-il pas au contraire nécessaire à la liberté de tous ? Une autorité supérieure peut être primordiale pour encadrer les libertés individuelles afin de permettre leur coexistence pacifique. En l’absence de règles, certains individus, par leurs actions, ne viendraient-ils pas empêcher aux autres d’être libre ? De par cela, n’y aurait-il pas un lien entre égalité et liberté ? De plus,en respectant un contrat, la Constitution, comme l’a pu évoqué aussi Rousseau, ne permettrait-il pas aux citoyens de voir leurs libertés protégées ? Reste encore à s’intéresser en détail aux formes que peuvent prendre la démocratie ; ce qui pourrait alors nuancé le lien entre démocratie et liberté. Déléguer son pouvoir à des représentants, n’est-il pas un risque pour notre liberté ? Ou au contraire, n’est-il pas le régime politique le plus juste pour que le citoyen soit libre ? La culture du pays ne peut-elle pas elle aussi avoir un rôle dans la définition de la démocratie ? La question est alors de savoir si la démocratie est-elle toujours synonyme de liberté ? Ou si elle ne peut être considérée d’un certain point de vue comme anti libérale ? Pour y répondre, nous nous appuierons sur les visions de différents philosophes afin de nous demander si instaurer des lois garantissant l’égalité de tous n’est pas justement une protection des libertés du peuple. Cependant,l’égalité est-elle synonyme de liberté, ne conduirait-elle pas à certains abus de la part des citoyens?Enfin, nous nous demanderons si cependant la forme prise par la démocratie ne peut-elle pas engendré elle aussi des risques de tyrannie de la majorité et un despotisme démocratique, d’où une perte de liberté du citoyen ?

DÉVELOPPEMENT

  1. Instaurer des lois garantissant l’égalité de tous n’est-elle pas une protection des libertés du peuple ?

En instaurant des règlements et des lois comme « base de toute autorité légitime parmi les hommes », le peuple pourrait voir ses libertés individuelles protégées. En effet, lorsqu’il est à son état de nature, il devient nécessaire à l’Homme de s’associer à Autrui pour pouvoirprotéger collectivement sa liberté naturelle et ses biens ainsi que pour survivre.A titre d’exemple, les hommes tiennent de la nature le pouvoir de faire ce que bon leur semble. Dans cet état de nature, rien ne garantit à l’Homme sa liberté du fait que chacun est juge dans sa propre cause.D’ailleurs, l’Homme de l’état de nature ne fait pas usage de raison. Il ne peut donc savoir ce qui est bon ou mauvais pour lui et par ce fait, perdre sa liberté. Ses principaux intérêts sont alors son amour propre et ses passions ; qui souvent subvertissent leur raison et les rendent injustes les uns avec les autres. L’individu n’est alors pas libre car il est soumis à ses désirs et ses pulsions. En démocratie, agissant par volonté générale, il n’est alors plus soumis à tout cela. On pourrait alors supposer qu’il est libre. De même que l’état de nature conduirait alors à un état de guerre, comme l’a aussi pensé Rousseau. Sans démocratie, l’Homme serait alors en guerre perpétuelle avec ses congénères. Il ne ferait que survivre de par sa force et sa ruse. Il n’y aurait aucunes règles. L’institution d’un gouvernement civil est alors indispensable. Celle-ci pourrait leur garantir protection de vie et de libertés. C’est d’ailleurs ce que permet la démocratie. Elle défend nos libertés carles individus peuvent avoir la paresse d’être libre et être tenté par le simplisme des « solutions » autoritaires ; de même chacun peut être tenté d’exercer un pouvoir sur les autres plutôt que d’essayer de coexister librement et paisiblement avec eux. C’est donc aussi contre nous-mêmes qu’il convient d’exercer une certaine autorité.Cependant instaurer des règles à un peuple, n’est-il pas contradictoire avec la liberté ? N’y-t-il pas un risque en ce qui concerne la perte des libertés naturelles ? Nous pourrions penser que non car en effet, en démocratie, le peuple forme la République et par un même temps, le souverain qui détient et contrôle le pouvoir. Le peuple instaure alors lui même ses lois et ses droits par volonté générale, c’est-à-dire que chaque citoyen met sa volonté particulière en commun avec celle des autres. Nous retiendrons alors la citation de Rousseau nous disant que « chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons encore chaque membre comme partie indivisible du tout ». De même qu’« obéir aux lois qu’on s’est prescrites, c’est la liberté ». Cette formule de Rousseau peut-être paradoxale car la liberté passe avant tout par l’obéissance. Néanmoins, elle constitue la forme la plus subtile de l’obéissance car on obéit à soi-même. L’accès à la liberté pourrait alors être conditionné par notre capacité de choisir. C’est d’ailleurs ce qu’a voulu également prouvé l’œuvre Du Contrat Social de Rousseau. La démocratie est désigné comme un « acte de la volonté générale » entre citoyens du peuple. Cet acte, ce contrat serait fondé sur la phrase suivante : « le corps politique ou le souverain ne tirant son être que de la sainteté du contrat ne peut jamais s’obliger, même envers autrui, à rien qui déroge à cet acte primitif, comme d’aliéner quelque portion de lui-même ou de se soumettre à un autre souverain. Violer l’acte par lequel il existe serait s’anéantir… ». Prenons l’exemplede la prison. Imaginons que le peuple décide d’instaurer une loi disant que tout crime conduirait à la prison. Si un citoyen souhaite cependant tuer quelqu’un, il en est libre de le faire. Néanmoins, suite à la règle mise en place par ce contrat, le citoyen va être privé de sa liberté en allant en prison. Il s’est puni lui même. Alors que si, au contraire, il avait respecté ce contrat, certes il aurait été dans un certain sens limité mais il serait encore libre. Comme dans le contrat établit par Rousseau, en démocratie, l’individu est alors en effet à la fois citoyen décidant de la loi et sujet lui obéissant. Il n’obéit qu’à lui-même, ce qui conduit alors à l’autonomie politique, garantissant la liberté. A l’inverse des autres régimes, il n’y a personne au-dessus de la loi, en particulier de ceux qui l’appliquent. C’est la condition même de l’État de droit, qui garantie la préservation de la liberté. Il agit en fonction de tous les citoyens et non pas seulement en fonction d’un en particulier. Sans autorité, nous remarquerons donc qu’il n’y a pas de peuple et donc aucune liberté. Cependant, ce propos est à nuancé du fait que dans un régime totalitaire, il y est exercé une très forte autorité mais ce n’est pas pour autant que le peuple bénéficie de libertés. Par ce fait, peut-on alors vraiment affirmer qu’en démocratie nous sommes libres ? Qu’est ce qui la distinguerait des autres régimes ? On pourrait supposer que oui car en démocratie, nous gardons une partie de notre état naturel, c’est-à-dire que nous restons tous égaux. Ce régime politique est constitué d’un ensemble de citoyens sans distinction de naissance, de richesse ou de compétence. Ces citoyens forment le peuple, qui dirigent alors ce régime.Il existe alors entre ces individus, de par ce « contrat » établit entre eux, des égalités de conditions. Lorsque les citoyens sont égaux, ils disposent d’une liberté politique. Pour être libre, un individu ne doit dépendre de personne. Vouloir être un objet, c’est-à-dire un esclave, est moralement impossible. C’est notamment ce qu’a exprimé Rousseau dans Du Contrat Social,« renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité et même à ses devoirs. Il n’y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme… ». Une telle soumission ne se résume pas à abdiquer ses droits, elle signifie aussi renoncer à ses devoirs, ce qui est une destruction de l’être moral. Cette conception radicale implique que nul ne peut vouloir véritablement se soumettre sans abdiquer jusqu’à sa qualité d’homme. Les individus sont égaux devant la loi. Plus nous sommes supérieur à un tiers, plus nous jouissons d'une plus grande liberté que lui. Par exemple, si lorsqu’un homme commet une faute et se retrouve à être juger, sa sentence était établit en fonction de son statut ou de sa richesse alors les plus pauvres et/ou faibles seraient davantage privés de libertés que ceux qui disposent d’une plus grande richesse. Ayant de l’argent, les plus riches n’iraient pas en prison, ils seraient donc libres contrairement aux plus pauvres, qui seraient condamnés à aller en prison. Cependant être égaux signifie-il vraiment être libre ? Cela ne menace-t-il pas les libertés individuelles ?

II. L’égalité est-elle synonyme de liberté, ne conduirait-elle pas à certains abus de la part des citoyens?

En effet, la recherche d’une unité au sein de l’État peut être critiquable. Désirer que tous les citoyens soient égaux peut êtredangereux pour les libertés individuelles. L’égalité peut ainsi nuire à la liberté dans la mesure où nous sommes naturellement inégaux. A titre d’exemple, prenons l’expérience de Tocqueville il a pu remarquer qu’il était difficile de concilier égalité et liberté. Cela est dû au fait que dans certains cas, l’histoire a laissé en héritage un État centralisé et despotique. Ou bien encore, certains détiennent un pouvoir supérieur dès la naissance, c’est le cas du roi.Or, la loi, en instaurant une égalité entre nous, réprime notre liberté : l’égalité entre alors en contradiction avec la liberté.Ces lois représentent des contraintes sur lesquelles viennent se heurter nos volontés. Prenons le cas de l’impôt. Tout le monde est contraint d’en payer, quelque soit le niveau de richesse. Cependant ceci contribue à priver certaines catégories d’une partie de leurs revenus, donc de leur liberté de dépenser. Ainsi, cela illustre bien l’idée que les projets politiquesen désirant tendre vers plus d’égalité peuvent limiter la liberté des individus. On remarque également que la démocratie garantit, certes, l’égalité. Néanmoins cette égalité n’est que politique. Elle ne devrait alors justement pas se restreindre à ce domaine mais devenir le principe réglant tous les rapports sociaux. L’égalité sociale ne correspond pas à l’égalité des conditions mais à la manière dont les individus se représentent. Il viendrait alors de se demander, comme Marx a pu le faire, si les lois égalisent vraiment alors les citoyens ? En effet, en démocratie, malgré que ce soit le peuple qui détienne le pouvoir, c’est l’État qui l’exécute. Il prend alors en compte l’intérêt général car il désigne un ensemble et l’intérêt personnel est alors mis de côté. Cependant, malgré tout, dans n’importe quel régime démocratique, les citoyens gardent toujours ce désir de liberté. Or, cette envie de « faire ce que l’on veut » que connaît le peuple en démocratie, n’engendrerait-il pas le risque que celui-ci se transforme en désir de servitude ? Il est probable que cela le devienne effectivement. En démocratie, l’égalité générale peut effectivement primer sur la volonté d’être libre. Dans une société qui se veut égalitaire, la conscience des inégalités est très forte. Plus les inégalités se réduisent et moins elles sont acceptées. Or pour défendre l’égalité, les individus sont prêts à accepter un « doux despotisme », c'est-à-dire accepter la diminution de leurs libertés publiques et individuelles au nom de l’égalité entre les citoyens. Comme l’a aussi dit Tocqueville,il y a en effet une passion mâle et légitime pour l’égalité qui excite les hommes à vouloir être tous forts et estimés. Cette passion tend à élever les petits au rang des grands ; mais il se rencontre aussi dans le cœur humain un goût dépravé pour l’égalité, qui porte les faibles à vouloir attirer les forts à leur niveau, et qui réduit les hommes à préférer l’égalité dans la servitude à l’inégalité dans la liberté” Il a d’ailleurs appelé cela « passion de l’égalité » dans son œuvre De la démocratie en Amérique. La démocratie tendrait alors à la tyrannie de la majorité. Autrement dit, l’égalité peut nuire à la liberté dans la mesure où l’individu démocratique est animé par ces deux passions dominantes que sont l’égalité et le bien-être. Or, c’est l’État qui, dans une société démocratique, assure l’extension de l’égalité des conditions dans le domaine politique qui est encadré par les lois. L’État peut alors écarter les prérogatives individuelles, et étendre sans cesse les règles qui encadrent la vie sociale, avec l’aval d’un individu préférant de ce fait l’égalité à la liberté. La tradition libérale verra ainsi dans une égalité, qui ne serait pas seulement « de droit », une menace pour la liberté. De même que comme l’a aussi évoqué Platon, la liberté semble guider la démocratie, mais comme cette liberté signifie le refus de la domination, c’est en réalité l ‘égalité qui anima la démocratie, le refus de toutes les hiérarchies. Ce désir sans frein risque alors d’aboutir au rejet de toutes les formes d’autorité. Prenons l’exemple de l’autorité qu’exerce le maître sur l’élève, les parents sur les enfants ou bien les lois sur les citoyens. Or, si ce que Platon dit est vrai : « l’excès de liberté doit aboutir à un excès de servitude », cela signifie que sans obéissance aux lois, il n’y a plus d’ordre, et l’homme ne supportant pas le désordre, il sera en demande d’ordre.Le peuple est-il donc le mieux placer pour exercer l’autorité en démocratie ?Nous pourrions penser que non. Effectivement, la démocratie a pour base logique l’idée que le peuple puisse prendre de bonnes décisions. Or, la connaissance du vrai et l’expérience sont pour cela nécessaires.On pourrait alors penser, suite à notre analyse ci-dessus et comme l’a fait Platon dans La République, que le peuple ne pourrait exercer l’autorité. Étant traité d’égal à égal,on ne trouve aucune distinction du niveau de connaissances et de culture entre les citoyens. Cependant, certains d’entre eux n’ont pas les capacités nécessaires pour distinguer le bon du mauvais. Ils sont davantage influencés par leurs émotions et besoins. Ils ont tendance parfois à ne pas réfléchir suffisamment et à agir selon leurs opinions sans prendre en compte ceux de leurs voisins. Les individus dotés du savoir seraient donc plus habiles pour exercer le pouvoir. Selon Platon, ces personnes seraient les philosophes, qui sont armés de la raison. C’est pourquoi la démocratie étend le domaine de la démagogie : les plus bas instincts du peuple sont flattés par la parole du démagogue (identifié par Platon comme un sophiste).A titre d’exemple, Platon compare la foule démocratique à un « gros animal » dont la dangerosité fait passer les désirs pour des nécessités vraies aux yeux de son soigneur : « tel est exactement celui qui croit pouvoir regarder comme constituant la sagesse les aversions et les goûts d’une multitude assemblée d’éléments disparates (…). Or si quelqu’un a commerce avec la multitude (…), s’il prend la multitude comme maître en dehors du domaine des choses nécessaires, une nécessité d’airain lui fera faire ce que la multitude approuve » (La République). Cela confirme donc également l’analyse de Marx et Engels avec la présence d’une classe « dominante » (avec un haut niveau de richesse et de culture) et la classe « dominée ». Ce qui fait que de façon naturelle, une partie du peuple n’est pas libre. Elle est dominée par l’autre partie. Elle subit juste. Néanmoins, cela est le cas, comme l’ont souligné ces deux philosophes, notamment en démocratie bourgeoise. Mais alors qu’en est-il dans les autres démocraties ? Est-il vraiment possible d’être libre en démocratie malgré tout ?

III. La forme prise par la démocratie ne peut-elle pas engendré elle aussi des risques de tyrannie de la majorité et un despotisme démocratique, d’où une perte de liberté du citoyen ?

Il existe effectivement plusieurs formes de démocratie : bourgeoise, radicale, libérale ou encore représentative. Il serait alors raisonnable de voir si le type de démocratie mis en place ne pourraitjouer un rôle dans la question de démocratie et de liberté. En effet, nous sommes actuellement en France et comme dans de nombreux pays européens en démocratie représentative. Nous sommes le peuple, chacun étant citoyen, nous détenons le pouvoir mais nous le déléguons à un représentant. Nous pourrions penser alors que nous sommes malgré tout libre car le représentant n’est sensé que retranscrire dans les lois ce que nous souhaitons. Or, c’est lui qui exécute les lois, il est à la tête de l’État et au-dessus de nous les citoyens. L’État peut donc parfois ne pas représenter assez et correctement les désirs du peuple. Cela conduit donc à une crise de représentativité. Ils ne sont donc plus libres, ils sont dominés par l’État. Or, nous pourrions dire que cela est contradictoire avec l’actualité. Prenons l’exemple du « mouvement des gilets jaunes ». De nombreux citoyens ne se sentent pas entendu et pas assez représentés. Ils ne se sentent pas libres car ils confient leur pouvoir à des représentants qui ne les écoutent pas ; ils sont donc alors « obligés » de suivre la loi. Or, nous remarquons que ces citoyens vont manifestés, faire des pétitions, commettre des actes non conventionnels. Ainsi, cela illustre bien le fait qu’ils sont quand même libres car d’après la Constitution (c’est-à-dire suite à des lois, signes d’autorité et de domination), ils ne devraient pas le faire. Néanmoins, ils le font, ce qui prouvent bien leur liberté. De même que nous pourrions nous demander si être en démocratie, n’est pas la condition nécessaire pour bénéficier au maximum de notre liberté ? A titre d’exemple, analysons les observations de Hobbes, lui qui a mit en avant la démocratie représentative. Dans son étude, il nous démontre la nécessité d'avoir des représentants au travers de l'exemple du Royaume-Uni. Il se réfère à la crise qu'a connu son pays, crise qui a engendré la décapitation du roi Cromwell et donc les habitants se sont posés la question  à qui reviendrait le pouvoir. Mais n'ayant pas de représentation et tout le monde possédant le pouvoir, l'anarchie s'installe. Il y aurait comme un « retour » à l’état de nature. Pour remédier à cela Hobbes nous parle de la souveraineté : « Le seul moyen d'établir pareille puissance commune |…] est de rassembler toute leur puissance et toute leur force sur un homme ou une assemblée d'hommes qui peut, à la majorité des voix, ramener toutes leurs volontés à une seule volonté ; ce qui revient à dire : désigner un homme, ou une assemblée d'hommes, pour porter leur personne ; et chacun fait sienne et reconnaît être lui-même l'auteur de toute action accomplie [...] ». Ceci montre alors que les citoyens auraient leurs libertés protégées. Alors qu’en anarchie, certes, ils disposent de « libertés illimitées » mais peuvent la perdre à tout moment ; ce qui n’est pas le cas en démocratie (représentative). Cependant, celle-ci ne peut-elle pas être aussi un risque pour notre liberté ? Nombreux, notamment les lecteurs de LeMonde, sont ceux d’ailleurs qui se sont interrogés sur la place actuelle des représentants, ne sont-ils pas de nouveaux aristocrates (désignés) mais rapidement indépendants du corps électoral qui les a désignés ? Les citoyens ne sont-ils pas restreints dans leurs choix et limités dans « l’offre politique » ? Nous pourrions penser que oui. Déléguer son pouvoir à un individu élu à la majorité peut être un risque. D’une part car on privilégie certes les libertés collectives mais cela en dépit des libertés individuelles, nous l’avons déjà dit d’ailleurs pour la démocratie en général. L’État exécute selon le peuple et non selon le citoyen en particulier. D’autre part, comme l’ont pensé Rousseau dans Du Contrat socialmais aussi Tocqueville, cela peut conduire à la tyrannie de la part de la majorité. Les personnes élues démocratiquement à la majorité peuvent imposer en effet leurs décisions à la minorité. Elles sont censées représenter la volonté « du plus grand nombre ». La tyrannie de la majorité réside ainsi dans l’oubli de l’intérêt général et la pénalisation de certaines parties de la population. Les citoyens perdent alors leur liberté en étant sous l’autorité et sous l’oppression. La démocratie pourrait alors tendre vers la monarchie. A titre d’exemple, prenons l’article 16.1 de la Constitution qui délègue tous les pouvoirs à l’exécutif en cas de grandes menaces. Cela montre bien que le peuple n’est pas tout à fais libre car avec cette loi, il ne peut intervenir et est sous l’autorité de ce pouvoir. Cependant, comme l’a imaginé Platon, serait-il vraiment raisonnable de revenir à un autre régime, comme par exemple l’aristocratie ? N’avons-nous pas plus de liberté en démocratie qu’en aristocratie ? On peut penser que cela ne serait pas pas raisonnable du fait qu’en confiant tout le pouvoir à une seule personne sans l’avis de celles qui sont sensés l’exécuter est bien plus contraire à la liberté que l’est la démocratie. Regardons l’exemple suivant également avec le vote. L’État en effet, lors des présentations des campagnes électorales, nous « impose » des représentants, ce n’est pas le peuple qu’il les choisit. Cependant, chaque citoyen est libre ou non de voter, il peut mettre dans l’urne le nom du représentant qu’il souhaite voir arriver au pouvoir, etc. Rien ne lui est imposé. C’est alors dans ce choix que réside la véritable liberté, car elle est l’expression d’une volonté et d’une conscience morale. Néanmoins, l’état et le concept de la démocratie ne dépend-il pas de la culture ou du pays qui l’a mis en place ? Sont-elles/ils tous compatibles avec le système démocratique ? Si l’on s’intéresse à l’étude réalisée par Tocqueville en Amérique, on peut dire que oui. Lorsqu’un État s’est établi par une volonté monarchique absolue, comme cela a été le cas en France, il y a un risque qu’il garde une part de centralisation et de despotisme. Alors qu’au contraire un État qui est né à partir de communautés libres et indépendantes, comme les États-Unis, se constitue sur une « table rase ». Cela sous-entendrait alors que l’histoire d’un État peut avoir un rôle sur la part de liberté que possède le peuple du pays en question.Cependant peut-on vraiment lier directement une façon de gouverner à une culture ? Le fait d’être libre dans un État ne dépend-il pas plutôt du gouvernement que de la culture ? Mais si la culture n’intervient pas dans la liberté du peuple (comme a aussi pu le penser certains chercheurs comme Bernard Nadie), le développement de l’État, quant à lui, n’y exerce-t-il pas une influence ? Un État peut parfois avoir des difficultés de construction mais également être dépendant d’un autre pays. Alors, si l’État en lui-même n’est pas libre, le peuple, quant à lui, peut-il vraiment l’être ? Certains États intègrent des organisations et vont alors transférer leurs lieux de décisions vers cet nouvel ensemble. Le peuple va alors être éloigné des débats publics, des décisions prises. Il y a un risque alors que les citoyens soient dominés, pas seulement par son État mais également par l’organisation en question. Être en démocratie signifie vraiment être libre lorsque l’État fait partie d’une organisation ? Le peuple ne verrait-il pas sa liberté être mis en péril et perdre à la fois ses libertés individuelles et collectives ? De même qu’en se développant, un Etat dit « démocratique » peut prendre de l’assurance et mettre de côté l’avis du peuple et donc ne pas lui laisser le choix en ce qui concerne les décisions politiques. Ou de même que le peuple gagne en richesse, d’où un risque de situation de dominés et de dominant, Marx l’avait également évoqué dans son analyse avec Engels. Malgré tout, si l’on compare la démocratie à tous les autres régimes, n’est-il pas celui qui est le plus raisonnable en terme de liberté du citoyen ? Avoir une histoire différente ou une culture différente est-il vraiment déterminant des libertés du peuple ?

 

 




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