Histoire : Pauvre petit garcon !

Publié le 26 sept. 2020 il y a 1M par tweet.gloriaa - Fin › 28 sept. 2020 dans 1M
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Sujet du devoir

 2) Au début du texte par quels commentaires le narrateur exprime-t-il sa présence ? Quelle relation le narrateur établit-il avec son lecteur par ses commentaires ? 3) Reconstituez le déroulement des différentes actions en vous aidant des connecteurs temporels. 4) En quoi Dolfi est-il différent des autres enfants ? Relevez les antithèses qui montrent cette différence dans le portrait qu’en trace l’auteur. 5) Quelles expériences ont transformé à tout jamais Dolfi ? Quelles atteintes physiques et morales at-il subies ? 6) Quel est l’effet produit par cette chute ? Montrez qu’à travers cette nouvelle, l’auteur tente d’expliquer comment Dolfi est devenu Hitler

Où j'en suis dans mon devoir

Comme d’habitude, Mme Klara emmena son petit garçon, cinq ans, au jardin public, au bord du fleuve. Il était environ trois heures. La saison n’était ni belle ni mauvaise, le soleil jouait à cache-cache et le vent soufflait de temps à autre, porté par le fleuve. On ne pouvait pas dire non plus de cet enfant qu’il était beau, au contraire, il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue. Mais d’habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d’immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n’était pas le cas de Dolfi ; il avait des petits yeux insignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité. Ce jour-là, le bambin surnommé Laitue avait un fusil tout neuf qui tirait même de petites cartouches inoffensives bien sûr, mais c’était quand même un fusil ! Il ne se mit pas à jouer avec les autres enfants car d’ordinaire ils le tracassaient, alors il préférait rester tout seul dans son coin, même sans jouer. Parce que les animaux qui ignorent la souffrance et la solitude sont capables de s’amuser tout seuls, mais l’homme au contraire n’y arrive pas et s’il tente de le faire, bien vite une angoisse encore plus forte s’empare de lui. Pourtant quand les autres gamins passaient devant lui, Dolfi épaulait son fusil et faisant semblant de tirer, mais sans animosité, c’était plutôt une invitation, comme s’il avait voulu leur dire : « Tiens tu vois, moi aussi aujourd’hui j’ai un fusil. Pourquoi est-ce que vous ne me demandez pas de jouer avec vous ? » Les autres enfants éparpillés dans l’allée remarquèrent bien le nouveau fusil de Dolfi ; C’était un jouet de quatre sous, mais il était flambant neuf, et puis il était différent des leurs et cela suffisait pour susciter leur curiosité et leur envie. L’un d’eux dit : « Hé ! Vous autres ! Vous avez vu la Laitue, le fusil qu’il a aujourd’hui ? » Un autre dit : « La Laitue a apporté son fusil seulement pour nous le faire voir mais il ne jouera pas avec nous. D’ailleurs il ne sait même pas jouer tout seul. Et puis son fusil c’est de la camelote ! - Il ne joue pas parce qu’il a peur de nous », dit un troisième. Mme Klara était assise sur un banc, occupée à tricoter, et le soleil la nimbait d’un halo. Son petit garçon était assis, à côté d’elle, il n’osait pas se risquer dans l’allée avec son fusil et il le manipulait avec maladresse. Il était environ trois heures et dans les arbres de nombreux oiseaux inconnus faisaient un tapage invraisemblable, signe peut-être que le crépuscule approchait. « Allons, Dolfi, va jouer, l’encourageait Mme Klara, sans lever les yeux de son travail. - Jouer avec qui ? - Mais avec les autres petits garçons, voyons ! Vous êtes tous amis, non ? - Non, on est pas amis, disait Dolfi. Quand je vais jouer, ils se moquent de moi. - Tu dis cela parce qu’ils t’appellent Laitue ? - Je ne veux pas qu’ils m’appellent Laitue ! - Pourtant moi je trouve que c’est un joli nom. A ta place, je ne me fâcherais pas pour si peu. » Mais lui obstiné - « je ne veux pas qu’on m’appelle laitue ! » Les autres enfants jouaient habituellement à la guerre et ce jour-là aussi. Dolfi avait tenté une fois de se joindre à eux, mais aussitôt ils l’avaient appelé Laitue et s’étaient mis à rire. Ils étaient presque tous blonds, lui au contraire était brun, avec une petite mèche qui lui tombait sur le front en virgule. Les autres avaient de bonnes grosses jambes, lui au contraire avait de vraies flûtes maigres et grêles. Les autres couraient et sautaient comme des lapins, lui, avec sa meilleure volonté, ne réussissait pas à les suivre. Ils avaient des fusils, des sabres, des frondes, des arcs, des sarbacanes, des casques. Ils étaient forts et lui faible. Mais cette fois lui aussi était venu avec un fusil. C’est alors qu’après avoir tenu conciliabule les autres garçons s’approchèrent. - « Avec ce fusil, toi aussi tu peux faire la guerre », dit Walter avec condescendance. - « Mais oui, avec ce fusil, tu peux être capitaine » dit un autre. Et Dolfi les regardait émerveillé. Ils ne l’avaient pas encore appelé Laitue. Il commença à s’enhardir. Alors ils lui expliquèrent comment ils allaient faire la guerre ce jour-là. Pour la première fois, Dolfi se vit prendre au sérieux par les autres garçons. Walter lui confia une mission de grande responsabilité : il commanderait l’avant-garde. Walter et les autres lui souriaient avec gentillesse. D’une façon presqu’excessive. « Hé ! capitaine Dolfi, pars immédiatement à l’attaque, les autres n’ont sûrement pas eu le temps d’arriver, ordonna Walter sur un ton confidentiel. Aussitôt que tu es arrivé en bas, nous accourrons. Mais toi, cous, cours le plus vite que tu peux, on ne sait jamais ». Dolfi se retourna pour le regarder. Il remarqua que Walter et ses autres compagnons d’armes avaient un étrange sourire. Il eut un instant d’hésitation. - « Allons, capitaine, à l’attaque » ! Intima le général. Dolfi se jeta en courant dans une petite allée en pente. Au même moment un éclat de rire sauvage éclata derrière lui. Mais il n’eut pas le temps de se retourner. Il était déjà lancé et d’un seul coup, il sentit son pied retenu. A dix centimètres du sol, ils avaient tendu une ficelle. Il s’étala de tout son long par terre, se cognant douloureusement le nez. Le fusil lui échappa des mains. Il essaya de se relever mais les ennemis débouchèrent des buissons et le bombardèrent de terrifiantes balles d’argile pétrie avec de l’eau. Un de ces projectiles le frappa en plein sur l’oreille le faisant trébucher à nouveau. Alors ils sautèrent tous sur lui et le piétinèrent. - « Tiens attrape, capitaine Laitue ». Enfin il sentit que les autres s’enfuyaient ; Secoué par des sanglots désespérés, il chercha tout autour de lui son fusil. Il le ramassa. Ce n’était plus qu’un tronçon de métal tordu. Quelqu’un avait fait sauter le canon, il ne pouvait plus servir à rien. Avec cette douloureuse relique à la main, saignant du nez, les genoux couronnés, couvert de terre de la tête aux pieds, il alla retrouver sa maman dans l’allée. - « Mon Dieu ! Dolfi, qu’est-ce que tu as fait ? » Elle ne lui demandait pas ce que les autres lui avaient fait mais ce qu’il avait fait, lui. Instinctif dépit de la brave ménagère qui voit un vêtement complètement perdu. Mais il y avait aussi l’humiliation de la mère : quel pauvre homme deviendrait ce malheureux bambin ? Quelle misérable destinée l’attendait ? Pourquoi n’avait-elle pas mis au monde, elle aussi, un de ces garçons blonds et robustes qui couraient dans le jardin. Pourquoi Dolfi restait-il si rachitique ? Pourquoi était-il toujours si pâle ? Pourquoi était-il si peu sympathique aux autres ? Pourquoi n’avait-il pas de sang dans les veines et se laissait-il toujours mener par les autres et conduire par le bout du nez ? Il serait toujours un pauvre diable, vaincu par la vie. _ « Oh ! le pauvre petit » s’apitoya une jeune femme élégante qui parlait avec Mme Klara. Et secouant la tête, elle caressa le visage défait de Dolfi. Le garçon leva les yeux, reconnaissant, il essaya de sourire, et une sorte de lumière éclaira un bref instant son visage pâle. Il y avait toujours l’amère solitude d’une créature fragile, innocente, humiliée, sans défense ; le désir désespéré d’un peu de consolation ; un sentiment pur, douloureux et très beau qu’il était impossible de définir. Pendant un instant_ et ce fut la dernière fois_ il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux, qui ne comprenait pas et demandait au monde environnant un peu de bonté. Mais ce ne fut qu’un instant. - « Allons, Dolfi, viens te changer » ! fit la mère en colère, et elle le traîna énergiquement à la maison. Alors le bambin se remit à sangloter à cœur fendre, son visage devint subitement laid, un rictus dur lui plissa la bouche. « Oh ! Ces enfants ! Quelles histoires ils font pour un rien ! s’exclama l’autre dame agacée en les quittant. Allons, au revoir, madame Hitler !! »




3 commentaires pour ce devoir


jadoune
jadoune
Posté le 26 sept. 2020

Tu n'as pas mis le texte, donc je ne peux pas vraiment t'aider ^^'' pourrais-tu me donner le titre et l'auteur pour que je puisse t'aider ?

tweet.gloriaa
tweet.gloriaa
Posté le 26 sept. 2020

pauvre petit garcon!

 

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Entrechat
Entrechat
Posté le 27 sept. 2020

2) Au début du texte par quels commentaires le narrateur exprime-t-il sa présence ?

Jugement sur l'aspect physique peu sympathique du garçon:

 il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue. Mais d’habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d’immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n’était pas le cas de Dolfi ; il avait des petits yeux insignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité

"Quelle relation le narrateur établit-il avec son lecteur par ses commentaires ? "Le lecteur le trouve pitoyable lui aussi.

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