Commentaire composé de Français

Publié le 22 avr. 2015 il y a 9A par Anonyme - Fin › 25 avr. 2015 dans 9A
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Sujet du devoir

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

 
Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n’étaient pas notre affaire.

 
Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l’abîme de l’histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie. Les circonstances qui enverraient les œuvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les oeuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux.

Ce n’est pas tout. La brûlante leçon est plus complète encore. Il n’a pas suffi à notre génération d’apprendre par sa propre expérience comment les plus belles choses et les plus antiques, et les plus formidables et les mieux ordonnées sont périssables par accident ; elle a vu, dans l’ordre de la pensée, du sens commun, et du sentiment, se produire des phénomènes extraordinaires, des réalisations brusques de paradoxes, des déceptions brutales de l’évidence.
Je n’en citerai qu’un exemple : les grandes vertus des peuples allemands ont engendré plus de maux que l’oisiveté jamais n’a créé de vices. Nous avons vu, de nos yeux vu, le travail consciencieux, l’instruction la plus solide, la discipline et l’application les plus sérieuses, adaptés à d’épouvantables desseins.
Tant d’horreurs n’auraient pas été possibles sans tant de vertus. Il a fallu, sans doute, beaucoup de science pour tuer tant d’hommes, dissiper tant de biens, anéantir tant de villes en si peu de temps ; mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects ?

Paul Valéry
La Crise de l' Esprit, première lettre(1919)

Où j'en suis dans mon devoir

Bonjour, j'ai un commentaire à faire sur ce texte,mais j'ai des difficultés,ce n'est pas que je n'ai pas envie de faire mon devoir, je suis vraiment pas forte en français et j'aimerai que vous me donniez quelques idées. J'ai vraiment envie de faire mon devoir mais je n'y arrive pas :(. J'ai travaillé et le plan que j'ai trouvé est:

-ma problématique: En quoi les guerres touchent les civilisations ?

-les 2 grands axes:

1)Toutes civilisations naissent et meurent

2)La guerre fragilise les civilisations

Qu'est ce que vous en pensez ?

Et aussi je voulais mettre dans mon commentaire que ce texte est une critique, est ce que c'est bon ?

Je vous remercie ... 




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